Mais au fait, que retient-on de Pâques ?
Est-ce qu'on en retient le dernier repas du Christ et des disciples que nous nous rappelons au cours du jeudi saint ? La mort du Christ le lendemain ?
Sa résurrection 3 jours plus tard ?
Pourquoi est-ce que tout ce cheminement est important ?
Il paraît que, de temps en temps, Pâques est une fête triste. Paradoxal, non ?


Une fête triste !!
En fin de compte, est-ce pour nous une fête, ou bien serait-ce un moment triste ?
En fait, tout dépend ce qu'on retient de Pâques. Et je crois que comme dans la vie, on ne peut pas brûler les étapes.
Ne pas se rassembler Jeudi Saint pour se rappeler du dernier repas de Jésus et de ses disciples, celui-là même que nous célébrons au cours de la Sainte Cène, c'est se priver de la compréhension de la mission que Christ nous confie : servir est un honneur, et cette communion nous rappelle que former une communauté, c'est se mettre au service les uns des autres.
Vouloir se réjouir sans avoir pris conscience que la mort de Jésus est un scandale et un choc pour ses disciples, c'est ne pas vouloir honorer la mort bouleversante de Celui qu'ils considéraient comme le Messie, celui qui allait les tirer des griffes de l'occupant romain. Ce serait passer du repas à la joie de l'inespéré, sans être passé par l'incompréhension et le désespoir, car tout en ce Vendredi Saint, nous ramène à notre condition, et à nos manquements.
Tout d'un coup, tout se vide autour de Christ, autour de nous donc, et nous sommes déboussolés.

En rester à cet état d'hébétude, d'incompréhension, de stupeur, c'est oublier l'espérance inattendue et incroyable de Pâques : Jésus-Christ,
ressuscité d'entre les morts, promesse que tout ne se termine pas quand nous-mêmes nous le pensons, quand nous croyons qu'il n'y a plus d'espoir : Pâques, c'est le tombeau vide, incompréhensible, mais c'est aussi une parole qui nous renvoie à la croix : celui que vous cherchez, n'est pas ici ; ce que vous penser être le sens de votre recherche, n'existe pas, cherchez ailleurs, là où tout ne se termine pas, mais là où au contraire tout peut commencer ou recommencer !
Et le lundi, c'est le jour où la rencontre redevient possible : le lundi, c'est le jour qui récapitule tout notre cheminement : une vie pleine de promesse, une mort pleine de question, une résurrection pleine d'espérance, une rencontre remplie de confiance.
Se passer d'un de ces moments, c'est se priver du sens profond de Pâques, qui est une fête au cours de laquelle nous passons par tous les états, et toutes les étapes que nos vies peuvent contenir.
Pâques, une fête d'espérance, une fête où les témoins permettent d'aller au-delà de la consternation et de croire que même quand l'espoir disparaît, tout n'est pas terminé !


Pâques, c'est la fête qui nous appelle, plus que toute autre, à la vie !


Nicolas Rocher